À 27 ans, Manon Villegente incarne une nouvelle génération d’entrepreneures qui osent créer autrement. Après plusieurs années à naviguer en solo, elle fonde Les Rayonnantes, un réseau devenu en quelques mois un véritable écosystème dédié à l’entrepreneuriat féminin. Authenticité, sororité, action et bienveillance : des mots qu’elle incarne autant qu’elle les partage. Dans cet épisode de Yesterday or Never, Manon revient sur son parcours, la genèse du projet et sa vision d’un entrepreneuriat plus humain.
27 octobre 2025 · 10 min de lecture
Peux-tu te présenter pour celles et ceux qui nous lisent et qui ne te connaissent pas encore ?
Enchantée ! Moi c'est Manon, j'ai 27 ans, j'adore commencer par dire que je n'ai jamais su ce que je voulais faire plus tard, et aujourd'hui non plus !
Mon parcours est fait d'opportunités, de rencontres, d'actions et de beaucoup d'intuition que j'ai appris à écouter. Je me suis lancée dans la communication digitale pendant mon master en tant que community manager, j'ai donc directement sauté dans le bain de l'entrepreneuriat sans passer par la case salariat.
Mon activité a beaucoup évolué depuis 5 ans, j'ai conservé des clients en community management, uniquement pour des projets qui me parlent, mais je me consacre à l'accompagnement de femmes entrepreneuses. Je les aide à structurer, savoir où aller, apporter de la clarté dans leur activité en partant d'elles et non des injonctions que l'on peut entendre dans l'entrepreneuriat !
Et côté perso : je suis assez casanière, j'aime mon chez moi, la danse qui me guide depuis mes 5 ans, mes proches et manger...
Tu as lancé Les Rayonnantes après plusieurs années d’entrepreneuriat solo. Qu’est-ce qui t’a fait basculer du "je fais ça toute seule" au "je crée un réseau pour d’autres femmes" ?
Comme vous avez pu le lire, je suis donc passée de la vie étudiante, riche en échanges et en sorties à la vie d'auto-entrepreneure... Et là : la douche froide ! J'ai beaucoup souffert de la solitude et de l'isolement. J'ai commencé à fréquenter les réseaux existants, qu'ils soient mixtes ou féminins. Je ne me sentais pas à ma place : pas assez professionnelle, trop jeune, pas à l'aise...
C'est à ce moment-là que j'ai commencé à organiser, sans objectif au départ, des cafés entre entrepreneuses. Et là : révélation ! En août 2023 : je crée les Rayonnantes, 4 mois plus tard, nous sommes déjà 100 entrepreneures à Bordeaux, et nous lançons les premières antennes ailleurs en France.
Je ne suis donc pas la seule à ressentir ce besoin : se réunir, en toute simplicité, dans la bienveillance et la bonne humeur.
Toute seule on a vite tendance à ruminer et rester dans nos boucles négatives. Dès qu'on sort, qu'on voit d'autres entrepreneuses, la richesse des échanges nous amène toujours la solution !
Pour celles et ceux qui découvrent Les Rayonnantes, comment présenterais‑tu ce réseau et ce qu’il apporte à ses membres ?
Les Rayonnantes, c'est la safe place des (futures) entrepreneures.
C'est un réseau basé sur la connexion humaine avant tout. Pour moi, se connecter au niveau humain c'est ensuite développer des connexions business plus saines et avec plus de confiance.
Nous avons 3 axes centraux dans l'Association: l'épanouissement/le plaisir, la bienveillance et le dynamisme/le partage.
Les rayonnantes c'est un écosystème national et complet pour permettre aux femmes de prendre pleinement le pouvoir dans leur aventure entrepreneuriale !
Je dirais qu'il apporte de très belles connexions humaines, des moments riches en partages et en échanges, des tips business et enfin de belles relations professionnelles.
Et si je peux ajouter ce que l'on entend souvent de nos adhérentes, "on s'y sent bien !".
Où veux-tu emmener Les Rayonnantes dans 3 à 5 ans ? Plus de villes, un rayonnement national ou international, de nouveaux formats... quelle est ta vision ?
Chaque année la vision évolue, elle est commune, ce n'est pas seulement la mienne. Elle est nourrit chaque jour : par les retours de nos adhérentes, de nos ambassadrices bénévoles, de notre équipe de bénévoles à Bordeaux, par la réalité du terrain de l'entrepreneuriat féminin et aussi par l'actualité.
Dans 3 à 5 ans, j'aimerais dire que les Rayonnantes seront LA référence en entrepreneuriat féminin en France. J'aimerais que chaque entrepreneure puisse se connecter à l'une de nos antennes pour ne pas rester seule dans son aventure !
Ensuite, nous enrichissons l'écosystème chaque année pour permettre aux messages que nous portons de se diffuser (podcast Osons Rayoner, blog participatif sur notre site web,...). Cette année, nous avons coécrit un livre, comprenant 80 portraits de femmes entrepreneuses (dont 60 adhérentes), aux parcours de vie divers et aux activités professionnelles variées afin d'offrir une pluralité de role models aux lectrices !
Depuis quelques mois, l'Association a pris un tournant, nous ne sommes plus "qu'un réseau qui organise des cafés", nous souhaitons que les adhésions de nos membres contribuent à des causes plus grandes :
promouvoir l'égalité des chances hommes-femmes dans l’entrepreneuriat
contribuer à la prise de pouvoir des femmes dans leur aventure entrepreneuriale (notamment par la sororité, l’entraide,...)
prendre soin de la santé mentale des entrepreneuses et de leur épanouissement par le biais de moments de rencontre pour rompre leur isolement
promouvoir l’entrepreneuriat féminin dans toute sa diversité : pluralité des parcours, des expériences,...
empowerment : prendre en main son parcours entrepreneuriale, s’épanouir et oser prendre le pouvoir
Nous allons donc porter des projets en ce sens, dans les petits papiers (en exclusivité!) il y a notamment un ancrage physique à Bordeaux, la réalisation d'un documentaire et potentiellement une tournée pour aller à la rencontre de nos adhérentes dans 4 villes en France !
Les bénévoles jouent un rôle central dans ton réseau. Comment choisis‑tu celles qui le représentent et comment ce modèle contribue-t-il à créer une vraie dynamique collective ?
On ne les choisit pas, c'est elles qui nous choisissent, et je pense que toute la force des Rayonnantes réside justement à ce niveau là.
Les bénévoles bordelaises, qui m'aident au quotidien à structurer l'Association, sont pour la plupart, des adhérentes des premiers jours. Elles construisent depuis le début la vision avec moi ! Certaines ont rejoint l'équipe depuis, en général car elles adhèrent 100% aux valeurs de l'Association et ont envie d'y contribuer ! Concernant nos ambassadrices bénévoles qui incarnent le réseau dans leur antenne/ville, jusqu'à maintenant, elles sont venues à nous en nous contactant sur les réseaux sociaux car elles avaient entendu parler des Rayonnantes par le bouche à oreille. Ensuite, je réalise toujours une visio avec elles pour leur transmettre l'énergie, l'essence, les valeurs et la vision. J'ai choisi l'option de la confiance : si elles sont là, qu'elles acceptent de porter le réseau chez elles, et que nous avons une bonne connexion humaine, alors ce sont les bonnes personnes.
Je croise les doigts, jusqu'à maintenant, je ne me suis pas trompée ! Je suis heureuse qu'aujourd'hui les Rayonnantes ne soient plus assimilées qu'à moi, mais aussi à toute cette équipe qui porte la dynamique. Comme on dit : seule on va plus vite, ensemble on va plus loin, je crois vraiment à cette vision.
La pluralité des points de vues dans l'équipe nous permet au quotidien de répondre aux attentes de multiples "modèles d'entrepreneuses". C'est une vraie richesse d'être aussi nombreuses, nous sommes aujourd'hui plus de 45 personnes impliquées dans le process, et je suis très fière d'arriver à fédérer autour de la vision portée par l'Association.
6. Selon toi, quels sont les principaux défis de l’entrepreneuriat féminin aujourd’hui, et comment des initiatives comme Les Rayonnantes peuvent les soutenir ?
Ils sont nombreux... Après le Covid je pense que nous sommes entrés dans une ère de mutation du monde du travail. Les gens ont réalisé qu'il existait d'autres possibilités, d'autres manières de travailler et les lignes se sont mises à bouger !
Nous sommes justement en train de nous pencher sur cette question dans l'objectif de commencer à réaliser le documentaire. Pour moi, chaque défi a son versant positif. Je suis de nature optimiste et je pense qu'il ne faut pas voir uniquement le côté négatif, mais arriver à trouver une force dans chaque difficulté. J'en citerais donc quelques uns, avec leur partie positive :
notre côté multi tasking et la charge mentale liée au quotidien souvent assez élevée dans le foyer qui peut réduire notre possibilité de développer nos business. Cependant, je pense que cette capacité à être polyvalente est aussi l'une de nos plus grandes forces ! En ce qui concerne, par exemple la maternité, je pense (je ne suis pas encore maman) qu'elle donne une force, une résilience et une envie d'avoir un impact positif sur le monde énorme !
une sensibilité accrue, qui peut nous dérouter, nous desservir parfois ! Mais, qui nous permet de développer des business plus conscients, plus humains, avec une volonté d'avoir un réel impact positif sur le monde de demain.
une écologie personnelle à respecter, je pourrais ici évoquer les cycles en tous genres dans nos vies ! L'entrepreneuriat nous permet de nous respecter et d'apprendre à nous écouter. Cette aventure d'introspection est une vraie force pour démultiplier notre force !
Je ne suis pas une bisounours quand même ! Les défis sont nombreux, je pense que la réponse réside dans une conscience collective et dans le fait de sensibiliser la gente masculine à ces sujets. Je prône un entrepreneuriat conscient. Il ne faut pas mentir aux femmes. L'entrepreneuriat féminin comme masculin est complexe, rempli de défis quotidiens, de doutes, de variations,... Il faut être bien accroché.e !
Je suis aussi très lucide sur le fait que l'entrepreneuriat demande de se former et de monter en compétences. Je pense qu'il ne faut pas prendre à la légère son entreprise, qu'elle soit petite ou grande. Si on veut atteindre ses objectifs, quels qu'ils soient, il faut se donner les moyens, et cela passe parfois : par de l'investissement de temps, d'argent, de la formation...
Les Rayonnantes soutiennent ces sujets très concrètement par les ACTIONS au quotidien. J'ai une conviction profonde: celles.ceux qui agissent font avancer les choses ! Et nous continuerons à nous positionner sur ces sujets à l'avenir.
7. Quelle est ta vision du networking aujourd’hui ?
Pour moi, mais ça n'engage que moi, il y a le networking au 1er sens du terme, 100% business, qui tisse des liens à un instant T, peut faire de l'argent certes, mais ne pérénise pas.
Et il y a le networking humain, conscient, en se respectant, en connectant avec les bonnes personnes qui pérennise de belles relations humaines et des connexions business sur le long terme.
Merci Rémy de nous permettre de porter notre voix sur nos actions, de contribuer à la mise en relation et aux connexions humaines avec Yesterday !
Interviews
Yesterday or Never : Gaëtan Wittebolle
Il y a des personnes qu’on rencontre au bon moment, et qui finissent par faire partie de ce que j’appelle mon board fantôme : celles à qui je demande conseil, avec qui je partage mes doutes, mes idées, mes avancées et qui m’aident, sans le vouloir, à construire Yesterday.
Gaëtan Wittebolle (https://www.linkedin.com/in/gwittebolle/) fait partie de ce cercle très proche. On se connaît depuis un moment maintenant, et on a en commun une conviction profonde : le networking n’est pas un jeu de carte de visite, mais un système d’entraide qui peut véritablement changer une carrière.
Fondateur de BuddyWorkers, il a construit en un temps record une communauté unique, portée par l’envie de ne plus travailler seul et de créer des liens qui comptent. On s’entraide beaucoup, on échange souvent, et je suis fier de pouvoir partager ici son parcours, sa vision et l’ambition derrière ce qu’il bâtit.